Les grandes dates

1670

Jean-Baptiste Colbert achète la seignereurie de  Sceaux

1683

Le marquis de Seignelay, son fils hérite du domaine et en quadruple la surface et et fait creuser le canal

1700

Le duc du Maine acquiert le domaine

1789

Le domaine est vendu comme bien national et l’acquéreur, M. Lecomte fait démolir le château

1856

Un nouveau château est construit par le Duc de Trévise, gendre de M Lecomte

1870

La guerre abîme le domaine. Le parc est laissé à l’abandon.

1923

Achat du domaine – Le département de la Seine achète le domaine de Sceaux et décide d’ en vendre 1/3 pour restaurer les jardins et bâtiments de la partie restante.

1927

Création du lotissement  – Le conseil général de la Seine approuve un projet de convention avec la société chargée
de la création du lotissement.

1928

Création du cahier des charges  – le conseil général de la Seine approuve officiellement
le cahier des charges du lotissement du Parc de Sceaux.

1930

Officialisation du cahier des charges  – Signature de l’acte notarié du Cahier des Charges le 19 mars

1930

Création de l’A.R.P.S. Création de l’Association des Riverains du Parc de Sceaux le 4 septembre

1931

Abandon de la section C – Abandon du projet de lotissement côté Chatenay-Malabry (section C)

1932

Création de l’allée d’honneur – Démolition de la grille des Trévise et aménagement d’une véritable voie pavée et arborée d’accès au Parc et au lotissement

1935

Inauguration du Parc de Sceaux – Le président de la République Albert Lebrun inaugure officiellement le parc de Sceaux restauré

Des origines à nos jours

1/Origines :

sauver le domaine des Trévise

Au sortir de la Première Guerre mondiale, l’immense domaine des Trévise (227 hectares situé sur Sceaux, Antony et Châtenay), héritage du duc du Maine puis du duc de Penthièvre, devient trop coûteux à entretenir pour son héritière, la princesse de Cystria. Menacé d’être cédé à des lotisseurs, il est sauvé par l’action du maire de Sceaux, Jean-Baptiste Bergeret de Frouville, qui alerte le département de la Seine dès 1921. Celui-ci acquiert le domaine le 11 août 1923 pour 13 millions de francs, avec un double objectif : restaurer le parc dessiné par Le Nôtre et en offrir la jouissance aux Parisiens. Mais le coût de la restauration impose de céder une partie du domaine pour la financer : le parc et son lotissement deviennent indissociables.

Concevoir le lotissement modèle

Le projet doit concilier préservation du cœur du domaine et rentabilité. Le Département retient, parmi plusieurs projets , la proposition de la Société d’études et travaux urbains (SETU), qui prévoit de retirer 86 hectares du parc et de les lotir en cinq sections (A à E), pour environ 900 lots, qui seront proposés à une clientèle plutôt aisée.

Le 24 novembre 1927, une convention de dix ans est signée avec la SETU, bientôt remplacée par la Société générale d’aménagement urbain (SGAU), chargée d’aménager les terrains et d’en vendre les lots. Un cahier des charges très strict est adopté fin 1928 : habitation bourgeoise uniquement, retrait des façades, matériaux imposés, clôtures réglementées, … mais liberté totale quant au style architectural, ce qui donnera au quartier sa diversité.

2/Des débuts poussifs

L’opération est freinée par les baux en cours, les pépinières Nomblot (jusqu’en 1932) et surtout l’exploitant agricole de Brabander dont l’éviction, engagée en justice, ne s’achève réellement qu’en 1929, puis par la crise économique de 1929 .

Une vaste campagne publicitaire est alors lancée : affiches, encarts de presse, brochures et publi-reportages vantent le calme, l’air pur, la proximité du lycée Lakanal et des transports, et présentent le terrain comme un placement sûr.
La section A (actuelle avenue Franklin-Roosevelt) est aménagée dès 1926 et s’y vendent les premiers lots en 1930 ; la section B (32 ha entre le parc et la voie ferrée) suit à partir de 1929, ses avenues portant des noms du Grand Siècle (Le Nôtre, Racine, Diderot…). La section C, à l’ouest, la plus vaste, est abandonnée dès 1931 sous la pression des défenseurs du paysage au profit de la reconstruction du pavillon de Hanovre dans la perspective du canal. La section D (rue Paul-Couderc) ne sera bâtie qu’après 1945. La section E dont les voies décrivent des provinces de France, est aménagée en décalage de quelques années avec la section B. 

L’union des propriétaires fait la force

Face aux lenteurs de l’aménagement, les premiers habitants s’organisent : l’Association des riverains du Parc de Sceaux (A.R.P.S.) est fondée en septembre 1930, suivie de syndicats de section chargés de l’entretien des voies. Sous leur pression, l’allée d’Honneur qui n’était qu’un chemin boueux est enfin aménagée en 1932, année charnière qui voit aussi la démolition de la grille des Trévise, la construction d’un pont sur la voie ferrée et l’attribution des noms de rues actuels. Les ventes décollent alors réellement : près de soixante actes sont signés en trois jours fin juin 1933, dont certains avec quelques acquéreurs prestigieux comme Marie Curie, Irène Joliot-Curie ou Jean Giraudoux.

3/Une mosaïque architecturale

Grâce à la liberté laissée par le cahier des charges, chaque propriétaire fait appel à l’architecte de son choix. Dominent les styles pittoresque (meulière), régionaliste (colombages normands, basques…) et classique, œuvres d’architectes locaux comme Loiseau, Petit ou Lacombe. Mais quelques commanditaires audacieux font appel aux maîtres du mouvement moderne — Robert Mallet-Stevens, Auguste Perret, Pol Abraham, Pierre Prunet, Bruno Elkouken, Henri Bertrand-Arnoux — dont les villas en béton armé, toits-terrasses et grandes baies vitrées choquent d’abord la critique (« maison de fous », « boîtes à visage de prison ») avant de faire la couverture des revues d’architecture. Cette coexistence de styles, décriée à l’époque fait aujourd’hui la réputation du quartier.

4/Le parc renaît, la guerre s’installe

L’inauguration du parc restauré par le président Albert Lebrun, le 23 juillet 1935, officialise le succès de l’opération : environ 460 habitants peuplent alors le lotissement, majoritairement des familles bourgeoises et des professions libérales.
Sous l’Occupation, le quartier connaît un quotidien rude : rationnement, potagers et poulaillers de fortune, hivers glaciaux, mais aussi une résistance discrète — diffusion de presse clandestine, exfiltration d’aviateurs alliés, fabrication de faux papiers — avant les combats et la liesse de la Libération, le 25 août 1944.

5/Un patrimoine reconnu

Achevé pour l’essentiel dans l’après-guerre (section D notamment, avec Jean Lurçat, Paul Nelson ou plus tard Jean Willerval), le lotissement compte aujourd’hui environ 600 villas. Considéré en son temps comme un « pot-pourri » discutable, il est désormais perçu comme un véritable musée à ciel ouvert des courants architecturaux du XXe siècle. Quatre villas sont protégées au titre des Monuments historiques, et l’ensemble dans sa partie scéenne a été classé « site patrimonial remarquable », le cahier des charges de 1928 continuant, à travers l’A.R.P.S., à en garantir l’esprit et l’harmonie.

Documents historiques

1923 - AUX ORIGINES DU LOTISSEMENT DU PARC DE SCEAUX

Exposition réalisée par le Service Archives et Patrimoine Historique de la ville de Sceaux

Cette exposition de la ville de Sceaux à l’occasion du centenaire de l’achat du Domaine par le département retrace l’histoire du lotissement et ses débuts commerciaux difficiles jusqu’à son développement section par section et sa reconnaissance actuelle comme site patrimonial remarquable et véritable « musée en plein air » de l’architecture des années 1930 à nos jours.

1923 – 1935 - LES DÉBUTS DU LOTISSEMENT DU PARC DE SCEAUX : L’AUTRE RUÉE VERS L’OR ?

par Carole Macé, archiviste chargée de mission Histoire Locale de la ville de Sceaux

Ce remarquable travail personnel de Carole Macé retrace les débuts complexes du lotissement du Parc de Sceaux (1923-1935), montrant  que la réussite de ce « lotissement modèle résulte d’un long processus conjuguant l’action du Département, de la société d’aménagement et des premiers acquéreurs.

IL ÉTAIT UNE FOIS…UN LOTISSEMENT

par Paulette Ratier
Articles parus dans Le Riverain du Parc de Sceaux

Cet article raconte l’histoire du lotissement du Parc de Sceaux, de sa création sur un ancien domaine historique jusqu’à son développement au fil du XXe siècle.

1941 - 1945 - LE LOTISSEMENT DU PARC DE SCEAUX SOUS L’OCCUPATION

par Paul Laroche de Roussane
Conférence donnée en décembre 2004

Ce témoignage décrit la vie quotidienne des habitants du Lotissement du Parc de Sceaux sous l’Occupation (1941-1944) ainsi que les activités clandestines de résistance avant de relater avec émotion la Libération du quartier le 25 août 1944 et le passage de la division Leclerc. 

LES MAISONS DES ANNÉES 30 DU LOTISSEMENT DU PARC DE SCEAUX

par Pierre Polin
Conférence du 29 novembre 2008

Cette conférence porte sur la richesse architecturale des constructions  des années 30, lors du démarrage du lotissement.